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   Le Tibet et l'exil
"nous vivons en France.... pourquoi ?"

Nous vous avons parlé jusqu'ici de ces Tibétains de France. Mais pourquoi des "Tibétains de France", des Tibétains en France ?

Le plus fort de la puissance du Tibet a lieu durant le règne de Songtsen Gampo, VIIème siècle. Au XII siècle, le bouddhisme venu de l'Inde trouve une place de choix au Tibet et continuera à se développer depuis. Un premier traité de paix est signé avec la Chine à cette époque. Un siècle plus tard, le Tibet est soumis à la domination mongole. Le Vème Dalaï Lama se rend en Chine et obtient la protection de l'Empereur de Chine qui reconnait le Dalaï Lama comme guide spirituel.

En 1720, l'armée Qing entre à Lhassa pour chasser les mongols. Les manchous en profitent pour réorganiser l'administration tibétaine et imposer une «supervision» impériale. Des «ambans», représentants du trône de Pékin, stationnent à Lhassa. En 1792, l'empereur Qianlong envoie ses troupes à Lhassa expulser des envahisseurs népalais. Le Tibet est alors bien prêt de tomber dans l'orbite chinoise. La frontière entre indépendance et inter-dépendance est difficile à établir. Après la mort de Qianlong en 1795, le Tibet regagne peu à peu sa liberté.

En 1911, la dynastie chinoise des Qing s'effondre, la première République chinoise est proclamée. S'ensuivent 18 ans d'instabilité en Chine dont le Tibet profite pour chasser les chinois de Lhassa et proclamer son indépendance en 1913. Le Tibet demeure de facto indépendant jusqu'en 1950, lorsque 80 000 soldats de Mao Tsé Toung se lancent à l'assaut.

Mao contraint les tibétains à signer un accord en 17 points en mai 1951 où ils admettent la souveraineté chinoise sur le Tibet en échange d'une promesse de respecter un très large degré d'autonomie. Promesse très vite trahie... Tandis que l'est et le nord-est du Tibet se soulèvent contre le présence chinoise, le Dalaï Lama se réfugie en Inde en mars 1959. Lhassa se rebelle contre l'occupant. La terrible répression qui s'ensuit marque le début d'exactions atroces perpétrées contre la population tibétaine, en particulier pendant la révolution culturelle (1966-1976).

Il est établi que des centaines de milliers de Tibétains sont morts du fait de la présence chinoise, déportés dans des camps de travail, poussés au suicide ou encore victimes de la famine. La quasi totalité des 6000 temples et monastères Tibétains ont été détruits et pillés. Une centaine d'entre eux ,seulement, ont été reconstruits et restaurés.

Après la mort de Mao Tsé Toung en 1976, le Tibet bénéficie d'une (toute) petite dose de tolérance (y compris une certaine tolérance religieuse). Les émeutes anti-chinoises de 1987 marquent un renouveau du nationalisme tibétain. D'autres émeutes ont lieu en 1988-89, toutes réprimées dans le sang, faisant des centaines de victimes et provoquant de très nombreuses arrestations. Depuis, malgré une surveillance efficace basée à Lhassa, les manifestations continuent, mais sans aucun témoignage de journalistes étrangers qui ne sont pas autorisés à s'y rendre.

La question du Tibet, longtemps oubliée, revient sur la scène internationale lorsque, en décembre 1989, le Dalaï Lama recoit le Prix Nobel de la Paix. Depuis il parcours le monde et il rencontre les « grands » de la planète auprès de qui il plaide pour la survie de son peuple.

Le temps presse car l'invasion Chinoise par repeuplement massif du Tibet fait des progrès rapides et risque de bientôt détruire à jamais la civilisation tibétaine. Déjà les tibétains sont minoritaires sur leur propre sol, et la colonisation s'accentue de jour en jour...

Aujourd'hui environ 100 000 tibétains vivent en exil en Inde, 35000 au Népal, 3000 en Suisse, 5000 aux Etats-Unis, 500 en Belgique, 150 en France.


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